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LE PODCAST FÉMINISTE ET INCLUSIF QUI DÉCONSTRUIT L'HISTOIRE DE L'ART OCCIDENTALE

Pourquoi les musées sont remplis de femmes nues à côté d’hommes habillés ? Pourquoi les grands génies sont tous des hommes ? Pourquoi l’art représente autant de scènes de viol ? Pourquoi on oublie souvent de parler des personnages noirs dans les tableaux ? Et pourquoi Picasso était-il si méchant ? 

 

Vénus s'épilait-elle chatte déconstruit l’histoire de l’art occidentale, en proposant un point de vue féministe et inclusif. Largement basé sur le patriarcat et la colonisation, l’art a contribué à normaliser la domination masculine et la blanchité comme la référence unique et neutre, et c’est important d’en parler, pour mieux comprendre ce qu’on regarde, et se réapproprier tout ce patrimoine commun.

 

Au programme : des épisodes thématiques et biographiques avec à chaque fois un·e spécialiste de la question.

Diego Velázquez, Vénus au miroir, ca 1647-51, Londres, National Gallery (détail)

DERNIER ÉPISODE

La Vénus lacérée

Cet épisode est un nouveau format, avec pour point de départ une œuvre : la Vénus au Miroir de Velázquez. Des boys club très privés sous l’Inquisition espagnole aux salles de la National Gallery de Londres, cette œuvre permet de retracer plusieurs siècles de domination de genre, de race et de classe. Lacérée en 1914 par la suffragette Mary Richardson, la toile est devenue à la fois le symbole des militantes pour le droit de vote des femmes en Angleterre, et celui de l’objectification séculaire des « corps féminins ». À travers l’histoire du tableau, cet épisode s’interroge sur la façon dont les cercles de pouvoir masculins ont défini le « grand art », la violence et le corps comme outils militants, les hiérarchies de classe, les violences policières, la suprématie blanche et les tabous qui entourent encore l’analyse sociale et politique des œuvres d’art.

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POURQUOI CE PODCAST ?

Vénus s’épilait-elle la chatte est né de la fusion entre mes études en histoire de l’art et mon engagement féministe. En 2018 j’étais à la Pinacothèque des Modernes de Munich et je suis tombée en arrêt devant L’école de Danse de Kirchner, un artiste que j’adore mais je me suis sincèrement demandé pourquoi ces deux femmes étaient à poil à leur cours de danse. Ca a été une sorte de déclic qui a amené une série de questions : pourquoi les musées sont remplis de femmes nues à côté d’hommes habillés ? Pourquoi l’art représente autant de scènes de viol ? Pourquoi les grands génies sont tous des hommes ? Pourquoi on oublie souvent de parler des personnages noirs dans les tableaux ? Et pourquoi Picasso était-il si méchant ? 

C’est à ces questions que Vénus s'épilait-elle la chatte tente d’apporter des réponses, en proposant un point de vue féministe et inclusif sur l’histoire de l’art occidentale. L’art, comme toute production culturelle, n’est jamais neutre. Il est le reflet des sociétés dans lesquelles il est produit, et n’échappe pas à ses mécanismes de domination. Dans la culture occidentale largement basée sur le patriarcat et la colonisation, l’art a contribué à normaliser la domination masculine et la blanchité comme la référence unique et neutre, sans qu’on remettre vraiment en question ces mécanismes que l’on tient pour acquis. Or c’est important d’en parler et d’élargir les points de vue, pour mieux comprendre ce qu’on regarde et se réapproprier tout ce patrimoine commun.

Vénus s’épilait-elle la chatte est un podcast accessible, que l’on peut écouter sans avoir de connaissances en histoire de l’art. Les épisodes s’intéressent à des sujets de l’histoire de l’art de façon transversale, ou à des femmes artistes que l’on connaît mal, avec à chaque fois un·e spécialiste de la question.

 

Vénus s’épilait-elle la chatte est un projet initié par Julie Beauzac et rendu possible grâce à une équipe merveilleusement badass composée de femmes et de personnes non-binaires. 

Écriture et réalisation : Julie Beauzac

Mixage : Laureline Dabbadie 

Gestion de projet : Anne-Lise Bouyer 

Illustrations : Anna Wanda Gogusey, 2019

Musique : Kumbia Queers, Chica de calendario, (Kumbia Nena, 2007), © 2015 Horario Invertido Records

© Tous droits réservés

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Ernst Ludwig Kirchner, L'école de danse, 1914, Munich, Pinacothèque Moderne (Pinakothek der Moderne)

 
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Photo © 2020 Delphine Kermorvant

QUI SUIS-JE ?

Je m’appelle Julie Beauzac et j’ai fait des études d’histoire de l’art un peu sur un malentendu, venant d’une famille de classe moyenne installée en banlieue parisienne et pas spécialement portée sur la culture (à part ma mamie qui écoute Radio Classique très fort). Après une licence à l’université de Nanterre j’ai continué à l’école du Louvre où j’ai obtenu mon M2 en 2012. Comme j’aime bien les vieilleries j’avais pris une option qui s’appelle Architecture, décor et ameublement des grandes demeures et j’aurais dû me méfier parce que je me suis retrouvée avec des Jean-Eudes de la Molle qui étaient là pour inventorier leur patrimoine familial et me regardaient comme une gueuse.

 

J’ai ensuite trouvé le boulot parfait dans une galerie parisienne qui me faisait rêver depuis des années. J’aurais dû faire de la recherche, travailler sur les œuvres et avoir des conversations passionnantes avec des collectionneur·euses passionné·es, mais mon activité principale consistait surtout à faire le thé et divertir patrons et clients, un rôle de bouffonne du roi moderne pour lequel j’étais d’ailleurs très mal payée. J’ai décidé de sauver ma santé mentale, j’ai démissionné et je suis allée m’installer à Berlin, où je me suis consacrée à devenir une féministe hystérique misandre.

 

Je n’ai pas remis les pieds dans un musée pendant des années, jusqu’au jour où ca m’a trop manqué et où j’ai pris une carte d’abonnement aux musées municipaux de Berlin. J’ai été très surprise de me rendre compte de la quantité effarante d’oœuvres empreintes de sexisme, de racisme et de culture du viol, des prismes d’analyse dont personne ne m’avait jamais parlé durant mes 6 années d’études en histoire de l’art. C’est comme ça qu’est né Vénus s’épilait-elle la chatte.