LE PODCAST FÉMINISTE ET INCLUSIF QUI DÉCONSTRUIT L'HISTOIRE DE L'ART OCCIDENTALE

Pourquoi les musées sont remplis de femmes nues à côté d’hommes habillés ? Pourquoi les grands génies sont tous des hommes ? Pourquoi l’art représente autant de scènes de viol ? Pourquoi on oublie souvent de parler des personnages noirs dans les tableaux ? Et pourquoi Picasso était-il si méchant ? 

 

Vénus s'épilait-elle chatte déconstruit l’histoire de l’art occidentale, en proposant un point de vue féministe et inclusif. Largement basé sur le patriarcat et la colonisation, l’art a contribué à normaliser la domination masculine et la blanchité comme la référence unique et neutre, et c’est important d’en parler, pour mieux comprendre ce qu’on regarde, et se réapproprier tout ce patrimoine commun.

 

Au programme : des épisodes thématiques et biographiques avec à chaque fois un·e spécialiste de la question.

Pablo Picasso, La femme qui pleure au foulard, 1937, Los Angeles, LACMA, © Estate of Pablo Picasso / Artists Rights Society (ARS), New York

DERNIER ÉPISODE

Picasso, séparer l'homme de l'artiste

Figure du génie par excellence, Picasso est une icône quasi-intouchable, auréolée d’une mythologie qu’il a lui-même entretenue, que des centaines d’expositions et de records en salles de ventes continuent à alimenter. Au-delà de cette figure mythique, Picasso était un homme particulièrement violent et misogyne, qui a passé sa vie à écraser les personnes moins puissantes et moins privilégiées que lui. Le caractère destructeur de Picasso est loin d’être limité à sa vie privée, il a au contraire nourri une immense partie de son travail et c’est précisément pour ça qu’il est valorisé. Le cas de Picasso permet de réfléchir sur la façon dont les valeurs virilistes impactent tous les aspects de la culture occidentale, de l’esthétisation des violences sexistes et sexuelles à la fabrique des génies.

On a parlé de tout ça avec mon invitée Sophie Chauveau, autrice de Picasso, le Minotaure, mais aussi de division sexuée du travail et de charge mentale, de Dora Maar et des artistes que Picasso a brisé·es, d’appropriation culturelle, de subversion et de l’impunité qu’on accorde aux hommes puissants.

Pour le réconfort et la brillance, ces réflexions sont entrecroisées des mots lumineux de Virginia Woolf, Virginie Despentes, Alice Coffin, Vanessa Springora et Hannah Gadsby ❤️


Avertissement : cet épisode est particulièrement difficile et parle de violences sexistes et sexuelles, de pédocriminalité, de suicide, de la shoah et d’homophobie. Prenez soin de vous.

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POURQUOI CE PODCAST ?

Vénus s’épilait-elle la chatte est né de la fusion entre mes études en histoire de l’art et mon engagement féministe. En 2018 j’étais à la Pinacothèque des Modernes de Munich et je suis tombée en arrêt devant L’école de Danse de Kirchner, un artiste que j’adore mais je me suis sincèrement demandé pourquoi ces deux femmes étaient à poil à leur cours de danse. Ca a été une sorte de déclic qui a amené une série de questions : pourquoi les musées sont remplis de femmes nues à côté d’hommes habillés ? Pourquoi l’art représente autant de scènes de viol ? Pourquoi les grands génies sont tous des hommes ? Pourquoi on oublie souvent de parler des personnages noirs dans les tableaux ? Et pourquoi Picasso était-il si méchant ? 

C’est à ces questions que Vénus s'épilait-elle la chatte tente d’apporter des réponses, en proposant un point de vue féministe et inclusif sur l’histoire de l’art occidentale. L’art, comme toute production culturelle, n’est jamais neutre. Il est le reflet des sociétés dans lesquelles il est produit, et n’échappe pas à ses mécanismes de domination. Dans la culture occidentale largement basée sur le patriarcat et la colonisation, l’art a contribué à normaliser la domination masculine et la blanchité comme la référence unique et neutre, sans qu’on remettre vraiment en question ces mécanismes que l’on tient pour acquis. Or c’est important d’en parler et d’élargir les points de vue, pour mieux comprendre ce qu’on regarde et se réapproprier tout ce patrimoine commun.

Vénus s’épilait-elle la chatte est un podcast accessible, que l’on peut écouter sans avoir de connaissances en histoire de l’art. Les épisodes s’intéressent à des sujets de l’histoire de l’art de façon transversale, ou à des femmes artistes que l’on connaît mal, avec à chaque fois un·e spécialiste de la question.

 

Vénus s’épilait-elle la chatte est un projet initié par Julie Beauzac et rendu possible grâce à une équipe merveilleusement badass composée de femmes et de personnes non-binaires. 

Écriture et réalisation : Julie Beauzac

Mixage : Laureline Dabbadie 

Gestion de projet : Anne-Lise Bouyer 

Illustrations : Anna Wanda Gogusey, 2019

Musique : Kumbia Queers, Chica de calendario, (Kumbia Nena, 2007), © 2015 Horario Invertido Records

© Tous droits réservés

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Ernst Ludwig Kirchner, L'école de danse, 1914, Munich, Pinacothèque Moderne (Pinakothek der Moderne)

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Photo © 2020 Delphine Kermorvant

QUI SUIS-JE ?

Je m’appelle Julie Beauzac et j’ai fait des études d’histoire de l’art un peu sur un malentendu, venant d’une famille de classe moyenne installée en banlieue parisienne et pas spécialement portée sur la culture (à part ma mamie qui écoute Radio Classique très fort). Après une licence à l’université de Nanterre j’ai continué à l’école du Louvre où j’ai obtenu mon M2 en 2012. Comme j’aime bien les vieilleries j’avais pris une option qui s’appelle Architecture, décor et ameublement des grandes demeures et j’aurais dû me méfier parce que je me suis retrouvée avec des Jean-Eudes de la Molle qui étaient là pour inventorier leur patrimoine familial et me regardaient comme une gueuse.

 

J’ai ensuite trouvé le boulot parfait dans une galerie parisienne qui me faisait rêver depuis des années. J’aurais dû faire de la recherche, travailler sur les œuvres et avoir des conversations passionnantes avec des collectionneur·euses passionné·es, mais mon activité principale consistait surtout à faire le thé et divertir patrons et clients, un rôle de bouffonne du roi moderne pour lequel j’étais d’ailleurs très mal payée. J’ai décidé de sauver ma santé mentale, j’ai démissionné et je suis allée m’installer à Berlin, où je me suis consacrée à devenir une féministe hystérique misandre.

 

Je n’ai pas remis les pieds dans un musée pendant des années, jusqu’au jour où ca m’a trop manqué et où j’ai pris une carte d’abonnement aux musées municipaux de Berlin. J’ai été très surprise de me rendre compte de la quantité effarante d’oœuvres empreintes de sexisme, de racisme et de culture du viol, des prismes d’analyse dont personne ne m’avait jamais parlé durant mes 6 années d’études en histoire de l’art. C’est comme ça qu’est né Vénus s’épilait-elle la chatte.